Du travail pour tout monde

Ma modeste mémoire n’abrite pas le souvenir d’une époque ou d’un lieu où le plein emploi a existé. La plupart des sociétés modernes (à en croire les discours de leurs dirigeants) semblent pourtant se fixer cet objectif. Si une recette existait pour l’atteindre, il est évident que la formule serait mieux gardée que celle du coca-cola par nos ingénieux politiciens qui craindraient de devenir inutiles.

(mal)Heureusement, nos amis ont de bons jours devant eux. Parce que le chômage, leur allié, a un avenir brillant et continuera à être perçu comme un mal à soigner au lieu d’être accepté pour ce qu’il est : l’illustration qu’on a besoin de moins de travailleurs.

Avec les progrès technologiques et les gains de productivité, on a besoin de moins en moins de personnes pour subvenir aux besoins de beaucoup plus d’individus (agriculture intensive), on produit plus rapidement des biens qui durent plus longtemps (habitations, automobiles…). Regardez la crise des subprimes aux U.S.A.: on a construit tellement d’habitations qu’on en a données à ceux qui n’avaient pas les moyens de les payer. Ce qui est curieux c’est qu’on expulse les locataires pour laisser des maisons vident et qu’on envisage même de les détruire pour enrayer la chute du prix de l’immobilier.

Pour compenser la forte baisse du besoin en main d’œuvre dans le primaire et le secondaire, les sociétés modernes se réinventent depuis longtemps dans les services. On constate que le divertissement (au sens large) prend une part croissante dans l’économie. Apple est devenu récemment la première capitalisation boursière de la planète. Cependant, les produits qui font le succès de la marque à la pomme ne peuvent être qualifiés d’essentiels pour l’existence humaine.

L’industrie du divertissement a connu un essor fabuleux grâce à l’effet multiplicateur des médias. Deux personnes sur un court qui se renvoient une balle tellement minuscule que personne n’arrive à la distinguer captivent une quantité de spectateurs étonnante, un nombre de téléspectateurs encore plus spectaculaire et mettent en jeu des montants financiers inouïs en comparaison de l’enjeu qui consiste simplement à éviter que la balle ne tombe au mauvais endroit. Les émissions de téléréalité quant à elles rassemblent de plus en plus de fans, et la quantité de SMS générés par ceux-ci est ahurissante.

Le temps passé à consommer les médias est un temps qu’on emploie à ne pas faire autre chose, comme travailler. L’abondance des médias et des supports de diffusion (journaux papier, radio, télé, tv, ordi, tablet, mobile, lunettes…) nous pousse à consommer de plus en plus de divertissement. Ca n’empêche pas les besoins de cette masse de consommateurs d’être comblés par une fraction de  plus en plus réduite de producteurs.

Cette réalité est perceptible à l’échelle des Etats : les allemands peuvent travailler pour leurs voisins, les chinois pour à peu près tous ceux qui ne sont pas chinois. Les politiciens quant à eux continuent à nous divertir au prix fort en tentant de nier cette réalité.

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